On arrive dans le nouveau logement un vendredi soir, les cartons encombrent l’entrée, et en appuyant sur l’interrupteur, rien ne se passe. L’électricité est coupée. C’est la situation que personne n’anticipe, et c’est pourtant celle qui détermine toute la logique du transfert de contrats d’énergie lors d’un déménagement. Un contrat d’électricité ou de gaz est attaché à un compteur, pas à une personne. On ne déménage pas un contrat : on en ferme un et on en ouvre un autre.
Compteur coupé ou introuvable à l’arrivée : qui appeler et dans quel ordre
Quand on pousse la porte du nouveau logement et que le courant ne passe pas, la première question est de savoir si le compteur est simplement fermé ou s’il a été physiquement coupé au réseau. Dans la majorité des cas, le précédent occupant a résilié son contrat et le gestionnaire de réseau (Enedis pour l’électricité, GRDF pour le gaz) a désactivé le point de livraison.
La marche à suivre est directe : contacter le fournisseur d’énergie de son choix pour souscrire un nouveau contrat à son nom. C’est le fournisseur qui transmet ensuite l’ordre de mise en service au gestionnaire de réseau. On n’appelle pas Enedis soi-même pour demander la réouverture, sauf cas très particulier.
Le cas plus compliqué, c’est le compteur introuvable. En immeuble ancien, les tableaux électriques de parties communes regroupent parfois des dizaines de compteurs sans étiquetage clair. Si on ne peut pas identifier le numéro de point de livraison (le fameux PDL pour l’électricité, ou PCE pour le gaz), le fournisseur ne peut rien ouvrir.
- Vérifier l’acte de location ou de vente : le numéro PDL ou PCE figure souvent dans les diagnostics techniques fournis par le bailleur ou le vendeur.
- Demander au bailleur ou au syndic de copropriété un plan d’affectation des compteurs. C’est leur responsabilité de fournir cette information.
- En dernier recours, Enedis ou GRDF peut envoyer un technicien pour identifier le compteur, mais cette intervention prend du temps et peut engendrer des frais de déplacement.
Le point à retenir : le bailleur doit fournir le numéro de compteur. Si ce n’est pas fait, on perd facilement plusieurs jours, voire une semaine, sans énergie dans le logement.

Résiliation de l’ancien contrat d’énergie : le calendrier concret
Avant même de penser au nouveau logement, il faut couper proprement l’ancien contrat. Laisser traîner une résiliation, c’est payer des kilowattheures consommés par le prochain occupant ou par un logement vide.
On peut prévenir son fournisseur d’électricité ou de gaz dès que la date de déménagement est connue. La plupart des fournisseurs acceptent une demande de résiliation jusqu’à plusieurs semaines avant le départ. Le jour du déménagement, on relève l’index du compteur (ou on le note sur le compteur Linky via l’espace client) et on le transmet au fournisseur. C’est ce relevé qui sert de base à la facture de clôture.
Ce qu’on oublie souvent côté gaz
Pour le gaz naturel, la résiliation peut entraîner un rendez-vous avec un technicien GRDF pour mettre l’installation en sécurité. Ce passage n’est pas facturé, mais il faut le prévoir dans le planning du départ. Si personne n’est présent, GRDF ne peut pas intervenir et le contrat reste actif.
La résiliation elle-même est gratuite chez tous les fournisseurs. Aucun frais de clôture ne peut être exigé, que l’on soit chez EDF ou chez un fournisseur alternatif.
Souscrire un contrat d’électricité ou de gaz pour le nouveau logement
On peut lancer la souscription dès que l’on connaît l’adresse du nouveau logement et, idéalement, le numéro du point de livraison. Anticiper la souscription évite toute coupure le jour de l’emménagement. La plupart des fournisseurs permettent de programmer une mise en service à une date précise, en ligne ou par téléphone.
Pour la souscription, trois informations sont nécessaires :
- Le numéro de PDL (électricité) ou de PCE (gaz), récupérable sur une ancienne facture du logement, sur le compteur Linky lui-même, ou auprès du bailleur.
- Le nom du titulaire, une pièce d’identité et un RIB pour le prélèvement.
- La puissance de compteur souhaitée et l’offre tarifaire choisie (tarif réglementé, offre de marché fixe ou indexée).
Le fournisseur choisi transmet la demande à Enedis ou GRDF, qui active le point de livraison. Si le logement est équipé d’un compteur communicant (Linky ou Gazpar), l’ouverture peut se faire à distance en quelques heures. Sur un ancien compteur, un technicien doit se déplacer, et le délai peut atteindre plusieurs jours ouvrés.
Faut-il rester chez le même fournisseur ?
Aucune obligation. Le déménagement est d’ailleurs le moment le plus simple pour changer de fournisseur, puisqu’on souscrit de toute façon un nouveau contrat. Comparer les offres à ce stade ne coûte rien et ne retarde pas la mise en service. Le fournisseur choisi pour le nouveau logement peut être différent de celui de l’ancien, sans aucune pénalité.

Délais de mise en service et frais selon le type de compteur
Le délai de mise en service varie selon que le compteur est communicant ou non. Sur un compteur Linky, la mise en service à distance prend moins d’une journée. Sur un compteur classique, il faut compter plusieurs jours ouvrés pour le passage d’un technicien Enedis. En cas d’urgence (emménagement le jour même), une intervention express existe, mais elle est facturée plus cher que la mise en service standard.
Les frais de mise en service sont identiques quel que soit le fournisseur, car ils sont fixés par Enedis et GRDF. C’est un point qui surprend souvent : EDF, TotalEnergies, Engie ou un petit fournisseur local facturent exactement le même montant pour cette opération, puisqu’ils ne font que répercuter le tarif du gestionnaire de réseau.
Le déménagement est une opération administrative, pas technique. Les délais qui font vraiment perdre du temps ne viennent presque jamais du fournisseur, mais d’un compteur non identifié ou d’un logement non raccordé. En s’assurant d’avoir le bon numéro de PDL ou de PCE avant le jour J et en lançant la souscription au moins deux semaines à l’avance, on élimine la quasi-totalité des mauvaises surprises.

